• Madonna clôt The MDNA Europe Tour à Nice

    En 33 dates dans 21 pays dont 3 des Proche et Moyen-Orients, Madonna a fait de sa huitième tournée mondiale un véritable triomphe ! En dépit d’une critique particulièrement acerbe qui, bien que reconnaissant la plupart du temps la qualité du show (de façon néanmoins plus ou moins timide, en fonction de la nationalité des journalistes), n’a cessé pendant trois mois d’annoncer le MDNA Tour comme un fiasco, le spectacle a réuni près d’un million de spectateurs, fans inconditionnels comme simples curieux ou amoureux de la pop music de ces 30 dernières années. En moyenne, cela représente 30.000 spectateurs par concert ; les faits sont là, bel et bien là : on est très loin de la notion de fiasco ! N’en déplaise à une certaine caste journalistique au-dessus de tous soupçons qui, non-contente de vendre des torchons à la qualité rédactionnelle parfois douteuse pour des professionnels, prend un malin plaisir à descendre en flêche celle qui, aujourd’hui encore, à des arguments terriblement solides pour rester à sa place de star internationale. La situation est comparable à celle vécue par Michael Jackson, à partir du milieu des années 1990, qui se verra lynché par des médias agissant en véritables vautours, charognards prêts à tout pour vendre et mettre à mal celles et ceux qu’ils jalousent, à peine secrètement.

    Après un lancement ultra-médiatisé le 31 Mai 2012 au cœur de la capitale israélienne où Madonna a dédié son concert à ceux qui s’efforcent de rétablir la paix au Proche-Orient, le MDNA Tour est passé par les Emirats Arabes Unis (2 concerts), la Turquie (1), l’Allemagne (3), l’Espagne (2), le Royaume-Uni (3), la Russie (2), la Pologne (1) ou encore la France (3). C’est sur la Côte d’Azur, en France, que Madonna a choisi de clôturer ce qu’il est désormais d’usage d’appeler le leg européen (comprennez la « partie » européenne) de son world tour. Histoire de tirer le rideau en beauté, avant de s’envoler pour l’Amérique du Nord où Madonna y donnera 40 concerts en 3 mois. Retour sur la tournée européenne et le show de Nice qui ont d’ores et déjà fait entrer le MDNA Tour dans les mémoires et la postérité.

     

    The MDNA Tour - Madonnalex 01

     

                   Alors que la précédente tournée de celle que l’on appelle depuis des années la Queen Of Pop – le Sticky & Sweet Tour 2008-2009 – était un spectacle résolument orienté entertainment pur, le MDNA Tour 2012 a, dès les premières dates, sonné le retour d’une Madonna au sommet de son Art : celui de la polémique et de la provocation. Madonna, l’Art et la provocation sont indissociables, depuis près de trois décennies. Ce World Tour nous le prouve à nouveau, après une période plus calme en la matière dans la carrière de Madonna. Mieux, Madonna a véritablement élevé la provocation au rang d’Art.

    Qu’il s’agisse de provocation religieuse, sexuelle ou – plus récemment – de provocation politique, Madonna détient la clé de « ce qui fait mouche », de « ce qui attire l’attention ». Dans le but de soulever des questions, Madonna n’hésite donc pas à donner de sa personne et de se jouer de celles et ceux qui se jouent d’elle. Ainsi, alors qu’elle est depuis 4 ans (dès le lendemain de son 50e anniversaire, quasiment !) très fréquemment attaquée sur son âge que certains qualifient d’avancé (ceux-ci oublient qu’ils ne sont pas loin de la cinquantaine ; fort à parier qu’ils n’ont pas envie d’être mis au placard passés 50 ans……), pour le MDNA Tour, Madonna se fera un malin plaisir d’exhiber régulièrement une partie de son anatomie que sa passion pour le sport, le fitness, le yoga et autres pilates a permis de conserver dans un état plus que remarquable. Sur Like A Virgin, dans une version lancinante (sur la mélodie de la chanson Evgeni's Waltz, extraite de la Bande Originale du film réalisé par Madonna en 2011, W.E.), la Queen of Pop montre que son corps n’a rien perdu de sa sensualité, ni de son attractivité folle. Madonna était et est toujours sexy, le sait et le montre. Histoire de remettre les pendules à l’heure et d’affirmer que 54 ans ou non, on est encore une femme qui peut être incroyablement désirable et désirée. Un sein exhibé à Istanbul, puis une fesse à Rome, l’autre sein dévoilé au Stade de France pour la fête nationale ; Madonna fait parler d’elle rien qu’en montrant ce que, pourtant, une grande partie du monde a déjà vu d’elle par le passé. Et ça jase ! Et Madonna réussi son coup. « No Fear », « Live Dangerously » sont ses maîtres-mots à ce moment là du show.

     

    The MDNA Tour - Madonnalex 02
     

    Bien décidée à garder son trône de Reine de la Pop mais également Reine de la provoc’, convoité par une poignée d’artistes et de stars montantes ces dernières années, Madonna fait jaillir d’elle tout son génie artistique et sa verve légendaire. Ainsi, elle ne se contente pas d’exhiber la naissance de ses fesses, et se plaît aussi à défier les instances religieuses, quelles qu’elles soient. Dès le début du show, Madonna use de symboles et d’imageries religieuses – catholiques – pour mettre dans l’ambiance un public notamment composé de fans complètement électriques, bien décidés à jouir du show pour lequel ils ont déboursé entre 90 et 200 euros. Madonna, dont les ventes du dernier album MDNA n’ont pas atteint les espérances de beaucoup (les médias, qui se plaisent à qualifier l’album de "désastre commercial" dont les ventes s’élèvent à 1,5 million de copies seulement en 5 mois, oublient néanmoins de dire que ces ventes font de MDNA la 6eme meilleure vente d’album du premier semestre 2012 ; un score tout à fait honorable pour un album qui n’a bénéficié que d’une promo très limitée, voire inexistante, préparation du MDNA Tour oblige), a concocté en 2011 et 2012 un album taillé si ce n’est pour les clubs, au moins pour les concerts ! Ainsi, Girl Gone Wild est un merveilleux hymne dont Madonna se sert pour débarquer sur scène, tous seins magnifiquement mis en valeur par un push-up léopard et accompagnée par des danseurs (bien) montés sur talons aiguilles et simplement vêtus de collants noirs, déambulant dans un décor de cathédrale magnifiquement reproduit sur écrans géants par la firme canadienne Moment Factory.

     

    The MDNA Tour - Madonnalex 03


              C’est sans doute en Russie que Madonna a le plus fait preuve de mise en danger de sa propre personne, en défiant les instances religieuses et politiques, en soutenant successivement la cause des Pussy Riot à Moscou et celle des communautés homosexuelles à St-Petersbourg. Evidemment (et comme à chaque passage de la Reine de la Pop dans le pays le plus vaste du monde), les deux concerts russes ont causé grands bruits à travers le continent. Des extrémistes orthodoxes russes ont à nouveau mis le feu à un poster de Madonna (comme ils le font régulièrement depuis le Confessions Tour), puis protesté et déclaré des insanités à peine nommables à l’encontre de celle qui, pour eux, représente le Mal incarnant des valeurs occidentales déviantes.

               La France n'aura pas été en reste et aura eu droit, avec trois dates sur le territoire national, à son lot de publicité en tous genres, bonne comme mauvaise. Premièrement, la polémique qui a suivi le show exceptionnel à l'Olympia, évènement annoncé aux lendemains du concert du Stade de France ! Pour la promo du MDNA Tour à l'internationale ainsi que pour faire un "cadeau" à la France, pays qui tient particulièrement à coeur à Madonna et pays d'origine d'un nombre important de ses danseurs et danseuses, Live Nation et Madonna annoncent le 17 Juillet 2012 l'organisation d'un petit concert, reservé à moins de 3000 fans, dans la salle mythique parisienne de l'Olympia. La prestation, très appréciée de façon unanime mais jugée trop courte par une centaine de spectateurs (45 minutes sur scène), sera fortement critiquée dès la sortie de scène de Madonna, et les jours suivants dans les médias. Une polémique dont Madonna se serait bien passée, elle à qui il tenait à coeur de remercier à sa façon ses fans français particulièrement dévoués et fidèles (elle quittera la scène après avoir interprété un "Je T'Aime, Moi Non Plus", véritable déclaration d'amour, dans un français charmant). Mais ce qui marqua peut-être plus encore le passage du MDNA Tour en France, c'est l'affaire politique qui mêla Madonna à la leader du parti français d'extrême-droite.

     

    The MDNA Tour - Madonnalex 04

     

             Dès l'opening night à Tel Aviv en Mai dernier, le monde entier découvre une video interlude dans laquelle apparaissent dictateurs, hauts dirigeants politiques ou religieux et figures emblématiques d'idées politiques, sur fond de dénonciation de toutes sortes d'intolérances et d'incompréhensions entre les hommes. Le visage de Marine Le Pen, leader FN, apparaît une fraction de seconde, affublé d'une svatiska (croix gammée). Le clan Le Pen dénonce fermemant la vidéo et porte plainte contre Madonna pour injures (le FN est à ce jour le parti politique français qui porte le plus fréquemment plainte, aux frais de la République évidemment). Quelques jours plus tard, Madonna explique publiquement que le montage a pour but de dénoncer les intolérances et les préjugés. Elle dit ne pas vouloir se faire d'ennemi, et déclare que l'anti-multiculturalisme et l'exclusion de la Société de personnes en fonction de leurs couleurs de peau, de leurs préférences sexuelles ou de leurs religion sont très dangereux et résonnent d'avantage comme des choses que nous avons connu par le passé (avant et pendant la Seconde Guerre mondiale sous Hitler) que comme la solution aux problèmes économiques et sociaux actuels.

              En dépit de ces explications, le Front National maintient sa plainte et dénonce les méthodes de Madonna, n'hésitant pas à emettre des commentaires à la limite de l'injures à son encontre. A ce titre, le concert de Nice est rapidement devenu l'un des sujets brûlants de l'été en France. Alors que tout le monde (et tout particulièrement le FN) l'attendait au tournant, Madonna a profité de sa dernière date européenne pour apaiser les moeurs. Son but n'étant pas de semer le désordre mais bel et bien de soulever des questions de société à travers cette vidéo, une fois ces questions soulevées (créant de belles polémiques), Madonna n'a pas jugé utile de persevérer ; à Nice, la vidéo interlude a donc été éditée, la croix de svatiska blanche supprimée et remplacée par un point d'interrogation rouge sur le front de la leader frontiste. Une modification qui, en l'espace d'un quart de seconde, à suffit à apaiser les esprits.

              Mais résumer le show du MDNA Europe Tour à ces quelques polémiques ne serait pas lui rendre justice. Ce show, en contraste avec le Sticky & Sweet Tour 2008 et 2009, c'est aussi et avant tout une explosion de créativité, d'imagination et d'inspiration. Là où le Sticky & Sweet Tour donnait le sentiment d'un spectacle de qualité globale mais d'absence de détail et de précision (scène calquée sur celle du Confessions Tour, sans décors hormis les écrans géants, costumes très inégaux...), le MDNA Tour est sans conteste l'un des shows les plus aboutis de la Queen Of Pop. Le Confessions Tour ou le Blond Ambition Tour, à leurs époques, élevaient Madonna au rang de maîtresse indéniable de la précision au millimètre, du détail qui fait toute la différence, du spectacle en 4 dimensions (au moins). Scène évolutive, écrans géants, éléments de décors physiques, costumes soignés, réorchestrations originales, vidéos et lumières poussées à leurs paroxisme ; tout dans le MDNA Tour respire la volonté de bien faire et la qualité d'innovation. Non  seulement, la scène se déploit en une scène principale et une scène secondaire, reliées entre elles par des catwalksformant triangle ; mais elle comporte aussi des éléments de planchers montés sur elevateurs, permettant de créer une multitude de profil de scène, ajoutant des escaliers, jouant sur les changements de hauteurs, créant des podiums, développant de nouveaux écrans LED, etc.

     

    The MDNA Tour - Madonnalex 06

     

              Alors que le Sticky & Sweet Tour s'appuyait sur le concept du mash-up (remix entre deux chansons différentes, généralement d'artistes différents) pour réinventer les tubes de la carrière de Madonna qui, quant à elle, s'était donné pour objectif d'intégrer une chanson de chacun de ses anciens albums (débouchant sur une setlist peu intuitive, moins spontannée, plus calculée), le MDNA Tour repose quant à lui sur un concept plus fin, plus détaillé, préférant la cohérence du spectacle. De la sorte que la setlist ne soit pas nécessairement composée que de tubes de sa carrière et que certains albums ne soient pas représentés sur cette tournée. C'est notamment le cas de l'album Music, puisque ni le tube planétaire Music ni aucune autre chanson de cet opus n'est interprétée au cours de ce MDNA Tour (à l'exception peut-être de Cyber-Raga, incluse à I'm A Sinner mais dont l'écriture remonte plutôt à l'époque post-Ray Of Light). Musicalement, les 4 tableaux qui composent le show ne définissent pas des styles musicaux comme ce fut le cas en 2008 et 2009 ; la cohérance du show dans son ensemble est donc plus facile à atteindre. Aussi, les anciens tubes de Madonna ne sont plus mixés avec des titres d'autres artistes. Madonna interprète donc Papa Don't Preach, Express Yourself, Vogue, Human Nature et Like A Prayer dans des versions très proches des originales. A l'inverse, Hung Up, Open Your Heart et Like A Virgin sont complétement revisitées, respectivement dans des versions electro (ne faisant pas l'unanimité auprès des fans), acoustique (accompagnée par le trio basque Kalakan) et ballade (piano-voix).

     

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              Globalement, les quelques erreurs du Sticky & Sweet Tour relevées par les fans ont rendu possible la création d'un show nettement au-dessus : le MDNA Tour. Une tournée qui, alors que la moitié des concerts la composant n'a pas encore été donnée, promet déjà de battre de nouveaux records, élevant Madonna au rang de Reine du Live, de bête de scène, indétrônable, et dont l'énergie communicative, la précision unique et la récente connexion réelle qu'elle entretient avec son public sont autant d'atouts qui la maintiennent solidement et durablement sur la plus haute marche. Avec tout cela, pas étonnant que des centaines de milliers de personnes, fans ou non, fassent le déplacement dans des stades aux capacités d'accueil vertigineuses mais à l'acoustique peu adaptée. Pas étonnant non plus (et à plus forte raison encore depuis l'explosion du prix des billets de concerts ces cinq ou dix dernières années) que des centaines de fans campent devant les stades dans le but de s'assurer la meilleure place possible, en fosse : pouvoir toucher Madonna, la croiser du regard, chanter dans son micro, lui montrer notre plaisir, notre joie, participer au show en donnant toute son énergie et en partageant chacun de ces moments uniques, véritable communion entre l'artiste et son public. Veritable communion également au sein du public, donc : l'attente et le concert sont autant d'occasions de faire de belles rencontres, de partager des instants insolites, de créer des souvenirs, de bâtir de nouvelles amitiés, de partager des moments de pur bonheur et de célébration. Madonna a une énergie débordante qu'elle sait, depuis 30 ans déjà, communiquer à son public qui évolue avec elle, qui grandit, qui se renouvèle, qui s'ouvre et ouvre les yeux, qui écoute ce que Madonna a à dire du monde, qui se pose des questions, qui est inspiré, mais aussi qui ne fait qu'un lorsque le temps de la fête est venu, en musique. Le MDNA Tour s'envole maintenant pour l'Amérique du Nord. Cette tournée a marqué les esprits à travers toute l'Europe, à coup de souvenirs incroyables, d'électrisantes polémiques, de discours sincères, de déluges de son et de lumière, de stades pleins à craquer, de danseurs hors du commun, de musiciens talentueux, et d'une femme de 1,62m (sans les talons) et de 54 ans, née près de Detroit, Michigan, USA : Madonna. Long live the Queen !

     
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